En février 2026, plusieurs membres de Coalition Publica ont pris part au 3e Sommet mondial sur le libre accès diamant, à Bangalore (Inde). Avec la participation de centaines de délégué·e·s venu·e·s des quatre coins du monde, cette rencontre a confirmé que le libre accès diamant est à la fois un mouvement global et une réalité bien ancrée dans les contextes locaux.
Un modèle mondial porté par des communautés locales
Dans le monde des publications savantes, le mot « diamant » n’évoque ni exclusivité ni rareté, mais plutôt l’équité, l’accessibilité et la diversité. Ce modèle, sans frais pour les lecteur·trice·s ni pour les auteur·trice·s, repose sur une gouvernance collective. Partout dans le monde, des revues, des plateformes et des réseaux contribuent à cet écosystème. En Amérique latine, le diamant est une norme depuis des décennies. Au Canada, il représente une majorité des revues savantes. Ancrées dans des contextes locaux, ces initiatives contribuent à la circulation à la fois locale et mondiale des savoirs scientifiques.
Prononcée par Rémi Quirion, le scientifique en chef du Québec, la déclaration d’ouverture de la séance plénière inaugurale a donné le ton du 3e Sommet mondial sur le libre accès diamant. Son allocution a rappelé que le développement du libre accès diamant repose autant sur des politiques publiques ambitieuses que sur l’engagement des communautés scientifiques. Il a mis en lumière les retombées sociales de la science ainsi que la responsabilité partagée à l’égard de la qualité des publications ouvertes, « dans un monde où le vrai et le faux coexistent et se confondent parfois ».
Des infrastructures au service des communautés
Plusieurs membres de Coalition Publica ont contribué activement aux discussions du sommet, illustrant la force des collaborations entre acteurs locaux et internationaux.
Tanja Niemann, directrice générale d’Érudit, a participé à la plénière « Diamond OA Initiatives (Key Characteristics that Make it Work) », consacrée aux défis et aux opportunités liés aux plateformes de diffusion. En présentant les initiatives portées par Érudit et Coalition Publica, elle a souligné que « les plateformes ou initiatives qui réussissent ne sont pas seulement celles qui offrent des outils performants, mais aussi celles qui soutiennent véritablement les communautés qui les utilisent ».

Juan Pablo Alperin, professeur à l’Université Simon Fraser et directeur scientifique du Public Knowledge Project (PKP), a présenté “More Than a Platform: How PKP Supports Journals, Provides Services, and Serves as Infrastructure”. Il y a mis en évidence le rôle structurant de PKP dans l’écosystème mondial, notamment grâce à Open Journal Systems, utilisé par plus de 55 000 revues à travers le monde. Il a également annoncé l’intégration prochaine de ces revues dans la base de données OpenAlex, une avancée importante pour la visibilité des publications en libre accès diamant.
Mark Huskisson, conseiller en développement commercial stratégique à PKP, a pour sa part souligné la maturité croissante du mouvement : les discussions ne portent plus sur le « pourquoi » du libre accès diamant, mais plutôt « comment » ce modèle peut être déployé et soutenu dans les contextes locaux autant que globaux. « Le simple fait que ce sommet se soit tenu à Bangalore et ait été organisé par une coalition d’instituts de recherche, d’académies des sciences et d’organismes universitaires indiens témoignait en soi du sérieux institutionnel de l’Inde. », a-t-il rappelé. Pour en savoir plus, une entrevue avec Mark est disponible sur le site web de PKP (en anglais).
La délégation québécoise comprenait également Francis Gingras, directeur général du Réseau Circé, panéliste à la plénière « Building, Supporting and Sustaining Diamond OA Infrastructure », ainsi que Mylène Deschênes, directrice des affaires éthiques et juridiques des Fonds de recherche du Québec, qui a participé à la plénière « Responsible Research Assessment Policies as Pathway to Diamond OA ».





Et maintenant ?
Le sommet de Bangalore, qui s’inscrit dans une dynamique amorcée à Toluca (2023) et au Cap (2024), a offert une panoplie de ressources pour continuer à enrichir les discussions. Il est possible de revoir les séances sur la chaîne YouTube du Indian Institute of Horticultural Research, une des institutions co-organisatrices. Quelques présentations et des affiches sont aussi disponibles pour télécharger, et il y a même une collection de bandes dessinées !
Au Canada, l’évolution récente des politiques et des conditions de financement ont mis en place un contexte prometteur pour l’édition communautaire. Le moment est donc venu de se rassembler autour d’une vision commune du libre accès diamant afin de bénéficier collectivement de ces opportunités. Pour ce faire, nous sommes ravis d’organiser la rencontre nationale Vers l’horizon diamant / Advancing Diamond qui rassemblera des chercheur·euse·s, des bibliothécaires, des membres d’équipes éditoriales, des éditeurs, des organismes subventionnaires et des fournisseurs d’infrastructure, à Montréal, les 15 et 16 avril 2026.
Le prochain Sommet mondial sur le libre accès diamant se tiendra à Bali, en Indonésie, en 2027.




